Juin 2008. Une dame voyant sa fille surfer sur le net, lui demande: “Dis-moi, peux-tu me retrouver des informations sur l’usine où a travaillé ton grand-père Allah Yerahmou? (Que Dieu ait son âme). La fille se rend sur Google et tape « neyrpic côte rouge »…

Ensemble, elles parcourent les news que nous avions publié sur Neyrpic et son histoire. Le jour-même, nous recevions un mail de la maman qui est la fille de Messaoud Dahim, martyr de la révolution. Une rue à Hussein-Dey porte son nom. Dans son mail, elle nous apprend qu’elle a en sa possession une photo prise en 1947 à l’intérieur des Ateliers Neyrpic et où l’on voit son père, Messaoud, et son oncle Yahia devant leurs machines. Ils étaient tourneurs-ajusteurs chez Neyrpic.

Au premier plan Yahia et derrière lui, Messaoud aux commandes de son tour

Deux jours plus tard, elle nous rendit visite, accompagné de son époux et de son autre sœur, pour nous évoquer son père. Et dans son sac, d’autres photos d’époque aussi.

Messaoud Dahim est né le 27 mars 1924 à Sidi-Moussa, près d’Alger où il passera son enfance. En 1938, la famille Dahim vend son dernier lopin de terre et s’installe à Hussein-Dey. En 1942, à 18 ans, Messaoud est embauché au sein des ateliers Nyerpic à Côte Rouge. Il y apprendra progressivement le métier de tourneur-ajusteur. Il apprendra aussi ce qu’est le syndicalisme puisque il est membre actif du Syndicat Force Ouvrière (1947-1948).

Messaoud a également côtoyé les Scouts Musulmans d’Algérie et a milité au sein du PPA-MTLD. C’est à ce titre, qu’il se retrouve à la Mairie d’Hussein-Dey, au sein du Conseil Municipal, sur la liste du MTLD qui avait fait une razzia lors des élections de 1953. Entre-temps, il se marie en 1950.

Il continuera à travailler à Neyrpic jusqu’en 1957. Il épousa la cause et les thèses du FLN dès 1954 et milita longuement dans la clandestinité. La grève des 7 jours et la répression qui s’abattit sur les militants du FLN furent certainement un tournant décisif dans sa vie puisqu’il rejoindra les rangs de l’ALN dans la wilaya 3.

Deux années plus tard, en 1959, pris avec ses compagnons dans une embuscade dans une région de la Kabylie, où ils furent pilonnés à l’artillerie lourde, Messaoud n’en réchappera pas. Sa dépouille n’a jamais été retrouvée. Paix à son âme.

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